Conseils au sujet du cathétérisme intermittent sous l’angle d’une infirmière en urologie

Corey Knott s’est engagée à aider ses patients à effectuer avec succès leurs cathétérismes. Découvrez comment et pourquoi elle est devenue infirmière en urologie, et obtenez ses conseils au sujet du cathétérisme intermittent.

Lisez l’entrevue avec Corey Knott, infirmière en urologie.

Son parcours

C’est en 1999 que Corey Knott commence sa formation d’infirmière. Elle se tourne rapidement vers l’urologie après avoir exploré un large éventail de spécialités en chirurgie. Elle suit un cours d’infirmière-conseil en continence à l’Université McMaster, puis, trois ans plus tard, se joint au centre de soins liés à l’élimination urinaire de l’hôpital UBC (Université de Colombie-Britannique), à Vancouver. En 2012, elle quitte ses fonctions pour se joindre au centre de soins en urologie de Richmond, en Colombie-Britannique. Elle y occupe toujours un poste, voyant des patients et transmettant ses connaissances et meilleures pratiques à ses collègues et aux professionnels de son entourage.

Mère de deux garçons, elle a à cœur d’instaurer un dialogue sur les soins liés à l’élimination urinaire et de briser un tabou toujours entretenu. Corey habite au Canada.

Comment suis-je arrivée dans le domaine de l’urologie?

Dès le début de ma carrière comme infirmière, j’étais attirée par l’urologie, car l’une de mes mentores travaillait à la clinique de soins liés à l’élimination urinaire. Elle a remarqué que je semblais intéressée et m’a demandé si je souhaitais la suivre. Plus tard, lorsqu’elle et son mari ont déménagé, un poste s’est libéré et j’ai accepté de relever ce nouveau défi. À la clinique, un nouvel appareil d’une valeur de 100 000 $ était couvert d’un drap. Personne ne savait comment l’utiliser. Comme j’étais jeune et enthousiaste, je me suis informée si je pouvais suivre un cours pour apprendre à l’utiliser, ce que j’ai fait. J’adorais la précision de cet appareil qui pouvait poser un diagnostic définitif aux problèmes de vessie des patients, qu’il s’agisse d’une vessie hyperactive ou d’incontinence à l’effort. J’ai également suivi d’autres cours en urodynamie afin d’en savoir plus sur les dysfonctionnements complexes de la vessie.

J’ai remarqué que les urologues étaient de bons enseignants. Lorsque je leur posais des questions au sujet de la chirurgie ou la fonction vésicale, ils prenaient le temps de me répondre. J’ai beaucoup appris d’eux.

Pourquoi est-ce que j’affectionne l’urologie?

Cette branche de la médecine peut grandement aider les patients concernés. Souvent, ils se rétablissent rapidement et de façon remarquable. Le dysfonctionnement de la vessie (et des intestins) peut être très accablant lorsqu’on ne s’y attend pas, et s’avérer une grande source de préoccupation. On devrait à tout prix essayer d’aider les patients à se prendre en charge s’ils le peuvent, et ainsi respecter leur dignité dans leur parcours. Tant sur le plan mental que physique, le dysfonctionnement de la vessie est à l’origine d’importants problèmes de santé – qui sont souvent gardés secrets, car les gens n’aiment généralement pas en parler. Mais il est important d’en parler ouvertement avec eux.

Une incidence considérable sur la qualité de vie

Lorsque je travaillais avec des patients atteints d’une lésion de la moelle épinière, j’étais toujours étonnée de constater que dans l’ensemble, ils acceptaient leur condition, qu’ils soient de nouveaux utilisateurs de fauteuil roulant ou capables de se déplacer eux-mêmes pour recevoir des soins. La plupart du temps, leur plus grand obstacle n’était pas la mobilité, mais la gestion des problèmes avec leur vessie ou leurs intestins. Et lorsque je leur demandais lequel de ces deux problèmes de santé ils souhaiteraient régler, ils me répondaient leur vessie. En effet, ils consacrent plus de temps à soigner leur vessie afin d’éviter de contracter une problématique ou une infection, d’être hospitalisés ou encore de ne plus pouvoir faire ce qu’ils veulent. Ils ne peuvent donc pas vivre leur vie sans entrave.

L’importance de transmettre nos connaissances

Travailler ensemble nous rend plus forts. Je travaille depuis longtemps dans le domaine de l’urologie et j’ai beaucoup appris au sujet des soins et l’enseignement aux patients, ainsi que sur la formation des infirmières. En Colombie-Britannique (C.-B.), on est un groupe assez restreint et on mise sur la communication pour continuer à améliorer les soins prodigués aux patients.

J’aime apprendre de mes patients – c’est une relation fondée sur la réciprocité.

Il y a de nombreuses années, je me suis cathétérisée, juste pour avoir une idée de ce que c’était sur le plan physique. Évidemment, je n’ai pas vécu la même chose que mes patients. Malgré ma grande expérience et le fait que je puisse deviner leurs difficultés, il est très important d’être à leur écoute. Ils deviennent des experts de leur propre affection et vivent des expériences que nous ignorons. Chaque patient vit différemment sa situation. Voilà pourquoi le fait d’être à l’écoute des patients et d’adapter les soins à leurs besoins change énormément les choses.

Ma passion pour l’éducation des patients ne fait plus aucun doute!

Lorsque j’ai rencontré le représentant Hollister, il a pu constater à quel point la transmission des connaissances, le mentorat auprès d’autres infirmières et la connaissance des différents produits et de leurs bienfaits me passionnaient. Lors du lancement d’un nouveau cathéter, il m’a invité à assister à une conférence, puis à joindre le groupe ICEF (International Clinical Education Forum) de Hollister; j’étais ravie et honorée.

Des problèmes qui touchent autant la santé mentale que physique

Honnêtement, les problèmes de santé mentale et physique sont répartis à peu près à parts égales. Si vous souffrez d’un dysfonctionnement de la vessie (par exemple, d’incontinence, de rétention ou d’un trouble de vessie hypotonique), tout devient un fardeau et vous ne vous sentez pas bien. Des patients affirment être anxieux à l’idée d’avoir un accident, ou d’être incapables de se déplacer à un moment précis. Par exemple, prendre 45 minutes pour se rendre aux toilettes peut être une source de stress. Ils ont donc tendance à refuser des invitations, à ne pas se déplacer, à ne pas avoir de vie sociale ou à rester à la maison. Ce qui n’est pas bon pour leur santé mentale. Leur maladie devient omniprésente.

Ils peuvent se sentir dépassés à la simple idée d’effectuer un cathétérisme intermittent

Pour certaines personnes, rien qu’à y penser, c’est trop! J’ai de nouveaux patients qui craignent de causer des dommages ou une infection, de percer leur vessie ou pire encore, d’aggraver leur problème de santé. Ils se demandent s’ils pourront vraiment y arriver! À leurs yeux, ce n’est pas un procédé naturel. Qui oserait s’enfoncer un objet dans le nez ou une oreille! Les hommes en particulier ont de la difficulté à composer avec ce concept. Mais parfois, on n’a pas le choix! J’essaie de changer la perception des patients et de leur rappeler que l’utilisation d’un cathéter ne signifie pas qu’ils sont malades; elle contribue en partie à leur bien-être.

Je dois me mettre dans leur peau

En tant qu’infirmière en urologie, je dois tenir compte de ce que mes patients ressentent. Ils vivent d’autres choses dans leur vie et ce problème fait partie des nombreux problèmes auxquels ils doivent faire face.

Mais il y a aussi de bonnes nouvelles

Cela peut leur sembler un défi considérable et on en est conscient. Mais la bonne nouvelle, c’est que la grande majorité des patients, une fois qu’ils ont appris comment effectuer un cathétérisme intermittent, disent que ce n’est pas la fin du monde! Une charmante patiente, qui a réussi à le faire malgré ses premiers signes d’anxiété m’a confié : « À vrai dire, ça ne fait pas partie de mes cinq activités préférées, mais j’y arrive... »

Il y a une énorme différence entre le cathétérisme intermittent et la sonde à demeure

C’est l’autonomie! Un patient souhaitait profiter de l’été, porter un short et pratiquer la natation. Il est vrai qu’il existe des sacs plus petits que ceux pour les sondes à demeure, d’une capacité de 250 ml, mais ce n’est pas beaucoup. Si ces sacs vous conviennent et que vous apprenez à effectuer un cathétérisme intermittent, vous pourrez faire ce que vous voulez, quand vous le voulez.

Rappelez-vous que même si c’est une technique sécuritaire, elle n’est pas toujours infaillible

Pour qu’elle soit sécuritaire, on doit bien l’enseigner à chaque patient. Les soins individualisés jouent alors un rôle vraiment important. Cette technique n’est pas l’apanage de toute une vie. Parfois, on y a recours uniquement pendant la période qui précède une chirurgie. Ou encore, chez une femme enceinte qui, une fois ses fonctions vésicales rétablies, n’aura peut-être plus besoin d’avoir recours à au cathétérisme intermittent. Chaque personne est différente.

Prenez votre temps  

Lors des premières consultations, vous aurez besoin de temps. Beaucoup de temps. Voilà pourquoi on planifie des séances de 90 minutes pour dissiper les craintes des patients dès leur arrivée. Il est essentiel que les infirmières aient une solide expérience en urologie et comprennent pleinement les fonctions et les dysfonctionnements vésicaux, ainsi que tous les problèmes de santé qui s’y rapportent. Il ne s’agit pas seulement d’enseigner l’aspect pratique du cathétérisme, mais aussi d’aborder des questions d’ordre intime comme la sexualité, les fonctions intestinales et l’alimentation, notamment. Les patients ont besoin de temps pour se détendre et poser leurs questions. Je comprends que ça peut être intimidant. C’est pourquoi je suis toujours calme et ne précipite pas les choses. S’il y a un sujet qu’on pense ne pas avoir abordé, on prévoit plus de temps pour poursuivre notre conversation. Je comprends que dans certains pays et systèmes de santé, ce n’est pas toujours possible.

Je montre à mes patients différents cathéters et leur demande s’ils ont une préférence (au Canada, comme ce ne sont pas tous les types de cathéters qui sont remboursés par un régime de soins de santé, on doit en tenir compte), mais je simplifie les options; leur offrir trop de choix peut être accablant. Une fois qu’ils ont compris le fonctionnement des cathéters, ils peuvent faire un choix éclairé et arriver à leurs propres conclusions sur le dispositif qui leur convient le mieux. Je fais toujours un appel de suivi et je leur donne mes coordonnées pour qu’ils puissent me poser des questions par la suite.

Enseigner le cathétérisme intermittent aux femmes

Il peut être difficile pour les femmes d’effectuer un cathétérisme intermittent. Chaque personne est différente et certaines peuvent avoir des problèmes de dextérité, par exemple. Une patiente qui m’a consulté la première fois à l’âge de 88 ans avait un problème d’équilibre, mais grâce à sa bonne dextérité manuelle, elle a réussi du premier coup. Elle était très enthousiaste! (Aujourd’hui, à 94 ans, elle trouve cette technique plus difficile et utilise maintenant une sonde à demeure.)

Chez les femmes, le principal problème consiste à trouver leur urètre. Lorsque je leur enseigne, j’utilise une image pour leur montrer où cet organe se trouve, puis je leur demande de s’allonger et d’utiliser un miroir pour les aider à le repérer. Certaines femmes craignent d’insérer par erreur le cathéter dans leur vagin. Il est donc parfois utile de mettre un tampon ou du papier toilette dans l’ouverture du vagin pour le bloquer afin qu’elles puissent sentir le cathéter se diriger par défaut vers l’urètre.

Si la patiente a un bon équilibre, je lui enseigne généralement à bien se tenir debout et à poser un pied sur la cuve de la toilette. Au besoin, je lui donne un petit miroir qu’elle fixe à sa jambe pour pouvoir voir son périnée même si certaines personnes peuvent le localiser au toucher. D’autres préfèrent s’asseoir sur le bord du siège de la toilette.

Les femmes plus jeunes ont tendance à le trouver plus facilement pour de nombreuses raisons; elles sont plus susceptibles d’avoir un bon équilibre, utilisent des tampons, et ont une meilleure dextérité, plus de force dans leurs mains et des hanches plus flexibles.

Les femmes ayant un indice de masse corporelle (IMC) plus élevé trouvent parfois cette manœuvre plus difficile, car elles n’arrivent pas toujours à atteindre leur urètre en raison de leur corpulence. Si elles sont prêtes à l’essayer et ont une bonne dextérité manuelle, elles peuvent généralement le faire debout, en s’appuyant sur un mur et en levant un pied. Je leur recommande toujours de prendre leur temps, de bien respirer et de rester calme. Lorsqu’une patiente est anxieuse et commence à transpirer, cela peut provoquer une syncope vasovagale, et même l’évanouissement.

Enseigner le cathétérisme intermittent aux hommes

En théorie, cela devrait être plus facile chez les hommes, puisque l’ouverture de leur urètre se trouve juste sous leurs yeux. Cependant, les jeunes hommes qui consultent n’ont souvent jamais subi d’examens physiques, alors que la plupart des jeunes femmes ont passé un test Pap ou un autre examen génital. Il arrive parfois que les hommes réagissent physiquement à leur peur et ne parviennent pas à détendre leur plancher pelvien. Heureusement, on peut leur prodiguer de bons conseils!

Lors de notre première rencontre, je leur demande d’avoir tout le matériel qu’il leur faut, de se laver soigneusement les mains, puis de se tenir debout face à la toilette. Avec leur main non dominante, ils doivent rétracter leur prépuce (si présent), tirer sur leur pénis et l’incliner en formant un angle inférieur à 45 degrés. Ils doivent ensuite saisir le cathéter avec leur main dominante, puis insérer son extrémité dans leur urètre. Lors de l’insertion, je leur dis de s’imaginer qu’ils ont envie d’uriner et que de l’urine s’écoule. Habituellement, cette technique permet de détendre le plancher pelvien et d’ouvrir un peu le sphincter interne. Je leur demande de remuer les orteils comme s’ils étaient étendus sur une plage, leurs pieds couverts de sable. Puis de prendre de grandes respirations pour se calmer.

Dès qu’ils commencent à uriner, ils ressentent un grand soulagement. Je leur conseille de pousser le cathéter de 2,5 cm (1 po) de plus afin de s’assurer qu’il est bien inséré dans la vessie, et pas seulement dans le col vésical. Si je sais qu’ils ont une grande vessie ou un diverticule, je leur demande de l’insérer davantage. Lorsque le débit d’urine commence à ralentir, ils retirent légèrement le cathéter, mais si le débit reprend, ils doivent attendre que toute l’urine s’écoule. Le fait de se pencher légèrement vers le bas lorsque le débit d’urine ralentit permet de s’assurer d’un écoulement complet.

Le retrait du cathéter se fait habituellement sans aucune douleur; le plus grand inconfort peut survenir au moment de l’approche du cathéter sur la prostate si le patient a subi une résection transurétrale de la prostate (RTUP) ou s’il y a un blocage, une lésion ou une cicatrice.

Je suis heureuse d’affirmer que la majorité de mes patients masculins (98 % selon moi) arrivent à enlever le cathéter sans ressentir de douleur. D’autres peuvent m’avouer qu’ils ont un blocage émotif. Je demeure quand même à leur écoute et respecte leur condition..

Quelques conseils de base au sujet du cathétérisme intermittent :

  • Donnez-vous du temps; au début, vous en aurez besoin pour éviter toute source de stress.
  • Cathétérisez-vous lorsque vous n’êtes pas au sommet de votre forme.
  • Si vous n’avez aucune sensation, effectuez un cathétérisme intermittent en fonction de l’heure.
  • Assurez-vous d’être dans un endroit privé où vous vous sentez à l’aise. Sinon, il pourrait y avoir trop de situations distrayantes ou déstabilisantes.
  • Assurez-vous d’être à l’aise dans les vêtements que vous portez et avec ceux que vous pourriez devoir enlever.
  • Avant de commencer, assurez-vous que tout le matériel est prêt et à portée de main.
  • Assurez-vous d’avoir un approvisionnement suffisant pour au moins une semaine.
  • Assurez-vous de bien vous laver les mains
  • Respirez profondément et restez calme
  • Adoptez une position confortable, sur la toilette, une chaise percée, ou debout

Continuer à consulter vos professionnels de la santé

Je crois en l’importance d’offrir du soutien à mes patients. Voilà pourquoi je leur donne toujours mes coordonnées lorsqu’ils quittent mon cabinet, au cas où ils auraient des questions ou des inquiétudes auxquelles je pourrais répondre. Notre corps change en vieillissant, tout comme les produits. À mesure que l’état de santé d’un patient évolue, il peut être intéressant d’essayer un nouveau produit, par exemple pour l’aider à composer avec une striction, une diminution de la dextérité des mains ou une mobilité plus restreinte.

Trouver le bon produit pour chaque patient

Je suis déterminée à ce que chaque patient trouve le produit qui lui convient, mais parfois, je n’y parviens pas de façon automatique. Je suis donc heureuse de pouvoir aider mes patients à rédiger des lettres et à passer des appels aux compagnies d’assurance. Pour de nombreux patients, c’est une grande réussite de savoir qu’ils peuvent utiliser un cathéter hydrophile sans avoir à le lubrifier, par exemple. Le patient sait ce dont il a besoin et il mérite le soutien des professionnels, ainsi qu’un soutien financier, car je sais pertinemment que cette aide n’est pas accessible dans tous les pays.

Semaine mondiale de la continence

À l’approche de la Semaine mondiale de l’incontinence (qui a lieu chaque année en juin), il y a encore beaucoup à faire pour aider les patients. Les hommes et les femmes ne doivent pas se sentir dépassés ou anxieux à propos du matériel et des renseignements qu’ils reçoivent. On ne doit pas les laisser seuls dans le noir. Ils méritent d’obtenir du soutien! Même s’ils n’ont pas accès à l’enseignement d’une infirmière en urologie, ils devraient connaître leurs options et les cathéters offerts sur le marché, ainsi que la protection d’assurance à laquelle ils ont droit, un enjeu important au Canada. J’aimerais également mettre l’accent sur le bien-être, car chez certains patients, l’incontinence peut être intermittente, alors que chez d’autres, il s’agit d’une affection chronique de toute une vie.

Que se passe-t-il dans la vie privée?

L’idéal serait de promouvoir la santé de la vessie (et des intestins) non seulement auprès des personnes souffrant d’un dysfonctionnement, mais aussi auprès du grand public. Si on en parlait aux enfants dès leur plus jeune âge, comme on le fait à l’école lorsqu’il est question du brossage des dents et du lavage des mains, ça deviendrait une nouvelle normalité. On n’aurait pas besoin de parler de problèmes de santé qui s’aggravent. On pourrait aborder le sujet en tenant compte de la santé et du bien-être en général, et en prodiguant des conseils sur le sommeil, l’importance d’une alimentation variée, la quantité d’eau à boire chaque jour et plus encore. Chez moi, ça fait partie des conversations quotidiennes!

Sensibiliser le grand public

Lorsqu’elles sont bien menées, les campagnes publiques sont très efficaces. Lancée au Canada afin de sensibiliser le grand public au cancer de la vessie, la campagne « Vous voyez du rouge? » rappelait aux gens qu’en cas de présence de sang dans l’urine, ils devaient consulter un médecin. Cette campagne a été vue partout au pays et a fait une énorme différence. Toute sensibilisation du grand public aux problèmes d’incontinence serait une bonne chose; le simple fait de les comprendre contribuerait à faire tomber le tabou qui se cache derrière des phrases qu’on utilise tous comme « Je me rends aux toilettes ». Lorsque les gens me questionnent au sujet de mon travail et de mes fonctions, très peu d’entre eux savent que la sclérose en plaques, par exemple, pouvait avoir des effets néfastes sur la vessie ou les intestins.

La science à la rescousse... comment se produit la miction?

Il peut être très utile de connaître les mécanismes de la miction. Dans une vessie fonctionnelle, le sphincter interne demeure fermé jusqu’à ce que votre cerveau envoie un signal à la vessie. La vessie se contracte, les muscles du plancher pelvien se détendent, le sphincter interne s’ouvre, la vessie se comprime et l’urine s’écoule. Lorsque la vessie est vide, elle se contracte et le sphincter se referme.

Que vous soyez un homme ou une femme, lorsque vous souffrez d’un trouble de la miction, le plancher pelvien demeure tendu, la vessie se contracte et le sphincter a de la difficulté à s’ouvrir complètement. La friction entre ces organes entraîne une vidange intermittente ou incomplète de la vessie. Parfois, le problème est attribuable au stress et à la détente du plancher pelvien. La solution la plus simple consiste en des séances de physiothérapie. Dans d’autres cas, les muscles du plancher pelvien sont trop tendus et on doit apprendre aux patients à les décontracter.

Ne pas exercer une pression

Il est utile d’apprendre aux patients à uriner correctement, sans jamais exercer une pression sur leur vessie. Ils doivent se détendre et la vessie agira seule. Lorsque les petits enfants s’assoient sur une toilette normale, ils doivent se concentrer pour maintenir leur équilibre et ils ne détendent pas leur plancher pelvien. Il est préférable d’utiliser un pot ou de déposer un siège pour enfant plus petit sur celui de la toilette.

Les sièges de toilette Squatty Potty sont très populaires en Amérique du Nord. Leur fabricant doit avoir empoché des millions de dollars! Il aide les patients à obtenir le bon angle pour uriner et déféquer par leur voie naturelle. Pour obtenir le même résultat, on peut également mettre un petit tabouret devant la toilette et y déposer les pieds à un angle de 90 degrés.

Les régimes de santé  

Lorsqu’un patient éprouve des problèmes financiers, on doit se contenter de lui offrir un nombre limité de cathéters, ce qui n’est pas chose facile. Ici, au Canada, les fournitures de stomie sont couvertes par un régime d’assurance. Mais actuellement, il n’y a que la Saskatchewan qui rembourse les cathéters intermittents. C’est une décision avant-gardiste de cette province. J’aimerais soutenir une campagne qui couvrirait le coût des cathéters partout au pays. Pour qu’elle voie le jour, ça aiderait si on faisait rayonner les soins liés à l’élimination urinaire.

Les cathéters à usage unique doivent être la norme

La plupart des articles de recherche sur les cathéters à usage unique hydrophiles portent sur les personnes atteintes d’une lésion de la moelle épinière, ce qui est juste, puisqu’elles constituent la majorité des utilisateurs de cathéters. Les urologues soulignent que les patients atteints de ce type de lésion courent un plus grand risque d’une infection des voies urinaires que les autres patients et qu’il est donc important qu’ils utilisent des cathéters à usage unique.

Par ailleurs, pendant longtemps au Canada, les gens réutilisaient les cathéters. En 2020, l’Association des urologues du Canada a publié un article révélateur à ce sujet. On pourrait vraiment recourir aux recherches fondées sur des données probantes pour montrer que les patients capables de se déplacer eux-mêmes et qui requièrent des soins urinaires devraient utiliser les mêmes cathéters à usage unique que ceux utilisés par les gens vivant avec une lésion de la moelle épinière. En s’appuyant sur des recherches rigoureuses, on pourrait promouvoir les cathéters à usage unique dans tous les secteurs, et ainsi favoriser la santé et le bien-être des patients atteints d’une lésion de la moelle épinière ou des patients capables de se déplacer eux-mêmes.

Les entreprises de soins de santé  

Les entreprises et associations de produits d’urologie organisent souvent des pourparlers et des conférences. Dans la mesure du possible, j’y participe, du point de vue de la formation et du développement de produits. Il y a beaucoup de recherches menées par des urologues, ainsi que des présentations sur les meilleures pratiques et les nouveaux cathéters à évaluer. Hollister en est un excellent exemple. L’entreprise transmet des renseignements qui ne sont pas seulement axés sur les produits, mais qui portent aussi sur des sujets sur lesquels les professionnels de la santé peuvent partager leurs vues avec d’autres infirmières et leurs patients.

Former les infirmières afin qu’elles transmettent elles aussi leurs connaissances

Une formation plus poussée des infirmières ferait une énorme différence; une infirmière offrant des soins à domicile ne peut pas aborder chaque spécialité et communiquer tous les renseignements pertinents aux patients. Grâce à cette formation, les infirmières spécialisées qui s’intéressent à la promotion des soins d’incontinence et du bien-être chez leurs patients pourraient transmettre leurs connaissances aux membres de leur équipe, et s’assurer qu’elles leur fournissent le bon type de renseignements. Dans l’unité d’urologie, par exemple, on retrouve des infirmières éducatrices qui enseignent les soins postopératoires et des plaies, et n’ont pas de connaissances sur les produits et les ressources offerts après un séjour à l’hôpital. Bref, nous sommes toutes dispersées.

Je suis devenue infirmière pour aider les gens  

L’une de mes nouvelles patientes a été aux prises avec un dysfonctionnement et des infections pendant des années, ce qui l’a empêchée de faire tout ce qu’elle souhaitait. Elle rêvait depuis toujours de retourner aux Pays-Bas, mais elle ne pouvait pas voir le jour où son rêve se concrétiserait; comment pourrait-elle voyager, ou encore prendre seule un avion, si elle devait passer chaque fois une heure assise sur le siège d’une toilette? Grâce à nos connaissances, à notre enseignement et à notre compassion, sa vie a changé et elle peut enfin faire ce voyage tant souhaité. Il y a tellement d’obstacles qui se dressent devant les patients, mais grâce au soutien d’un professionnel, à de bons équipements, un suivi attentionné et du temps, ils peuvent y arriver.

Je me soucie vraiment de la façon dont mes patients s’en sortent, et je veux les aider et les soutenir dans cette épreuve très intime de leur vie. Je sais que le cathétérisme intermittent peut être un sujet intimidant et accablant, et très personnel. Laissez-moi prendre votre situation en main! Mes patients sont d’accord avec mon approche, car ils savent que j’essaie de les aider.

 

Hollister est au service des personnes qui vivent avec un dysfonctionnement de la vessie et de celles qui les soignent. Nous nous engageons à aider les patients qui utilisent nos produits à acquérir l’autonomie nécessaire pour continuer à vivre une vie gratifiante qui respecte leur dignité. Consultez notre gamme complète de produits de soins d’incontinence et accédez à des ressources éducatives utiles ici.

Les témoignages, déclarations et opinions présentés s’appliquent à la personne évoquée. Ces témoignages sont représentatifs des expériences de cette personne, mais les résultats exacts et l’expérience sont uniques et propres à chaque personne. La personne interviewée lors de cette entrevue a reçu une rémunération de Hollister Incorporated pour son témoignage.